top of page
Rechercher

Qu'est ce que la Communication Non Violente (CNV) ? un outil puissant pour les parents et les adolescents,utile aussi dans le coaching scolaire

Dernière mise à jour : 1 déc. 2025

Les tensions entre parents et adolescents sont souvent liées à des incompréhensions, à des jugements ou à des maladresses dans la manière de communiquer.La Communication Non Violente (CNV), créée par le psychologue américain Marshall B. Rosenberg dans les années 1960, propose une approche simple et profondément humani

ste pour dialoguer autrement : avec respect, authenticité et efficacité.

Adopter la CNV dans sa relation avec un adolescent, c’est lui montrer qu’on peut exprimer ses besoins sans agressivité et entendre les siens sans se sentir menacé.

Communication non violente
Communication non violente

Qu’est-ce que la Communication Non Violente ?


La CNV repose sur l'idée que tout comportement est une tentative de satisfaire un besoin.Elle vise donc à :

  • Clarifier ce que nous vivons,

  • Identifier nos besoins réels,

  • Formuler une demande concrète, réalisable,

  • Écouter l’autre avec empathie.


La méthode suit 4 étapes simples, mais puissantes :

1. Observer sans juger

Décrire les faits tels qu’un enregistreur vidéo les montrerait.➡ Cela évite les interprétations et les attaques.

2. Exprimer ses sentiments

Nommer ce que l’on ressent réellement.➡ Cela permet à l’autre de comprendre notre vécu interne.

3. Identifier ses besoins

Besoin de respect, de sécurité, de soutien, d’autonomie…

4. Formuler une demande claire

Une requête positive, réalisable et précise, sans obliger l’autre.


Référence clé :Marshall Rosenberg, Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs), 1999.


Pourquoi la CNV est particulièrement utile avec les adolescents ?


✔ L'adolescent a besoin de reconnaissance

Les neurosciences (Steinberg, 2014) montrent que le cerveau adolescent réagit fortement à la critique.La CNV permet de :

  • Réduire l’agressivité ressentie,

  • Éviter les rapports de force,

  • Favoriser la coopération.


✔ La CNV soutient l’autonomie

Au lieu d’imposer, on propose, on explique, on implique l’ado dans la solution.Cela renforce la responsabilisation.


✔ Elle apaise les conflits familiaux

La CNV baisse la charge émotionnelle et ouvre un espace d’échange plus calme.


Étude (Jones, 2018) : l’usage de techniques de communication empathique dans les familles réduit de 40 % les conflits verbaux.


Exemples concrets de CNV dans la vie quotidienne


Conflit autour du rangement de la chambre

❌ « Tu es vraiment désordonné, ta chambre est un cauchemar ! »➡ Jugement + attaque = conflit assuré.

Version CNV :

  • Observation : « Je vois que des vêtements traînent partout sur le sol. »

  • Sentiment : « Je me sens stressée de voir autant de désordre. »

  • Besoin : « J’ai besoin d’un espace propre pour me sentir sereine. »

  • Demande : « Peux-tu ranger tes habits dans le panier avant ce soir ? »


Usage du téléphone

❌ « Tu es accro à ton portable ! »

Version CNV :« Quand je te vois sur ton téléphone pendant que nous dînons, je me sens ignorée et j’ai besoin de connexion en famille.Peux-tu le laisser de côté pendant le repas ? »


Travail scolaire

❌ « Tu ne fais aucun effort ! »

Version CNV :« Quand je vois que tes devoirs ne sont pas commencés à 20h, je me sens inquiète.J’ai besoin de savoir que tu peux t’organiser.Que proposes-tu pour t’y mettre ce soir ? »


Les pièges à éviter en Communication Non Violente (CNV)

Même avec toute la bonne volonté du monde, certains réflexes peuvent rendre la CNV inefficace… voire créer encore plus de tensions. Voici les trois erreurs les plus fréquentes, et comment les éviter.


Déguiser une attaque en CNV

Beaucoup de parents pensent appliquer la CNV… mais utilisent en réalité un jugement déguisé en observation, souvent sous la colère ou la fatigue.


Exemple de fausse CNV

« Quand tu fais n’importe quoi, je me sens agacée… »

➡ Le problème ?

  • « Tu fais n’importe quoi » n’est pas une observation, mais une interprétation.

  • L’adolescent se sent jugé, critiqué, voire humilié.

  • Cela déclenche immédiatement défense, agressivité ou fermeture.

Le cerveau adolescent réagit fortement à l’injustice (Steinberg, 2014) : un jugement, même léger, est perçu comme une attaque.

Version CNV réellement neutre

« Quand je vois que tes affaires sont éparpillées dans le salon… »

➡ Ici :

  • On décrit un fait visible, sans étiquette.

  • Cela rend la discussion possible et non menaçante.


✔ Comment éviter ce piège ?

  • Se demander : « Si une caméra filmait la scène, décrirait-elle la même chose ? »

  • Éviter les mots : toujours, jamais, n’importe quoi, encore, comme d’habitude…

  • Respirer avant de parler (la CNV ne se pratique jamais à chaud).


Utiliser la CNV pour manipuler

Parfois, on croit faire de la CNV, mais en réalité, on cherche à obtenir quelque chose, à contrôler, ou à faire céder l’adolescent.

Exemple de manipulation « déguisée »

« Je me sens très stressée quand tu ne ranges pas ta chambre, j’ai besoin de calme… Donc tu vas la ranger maintenant, d’accord ? »

➡ Le parent impose sa solution, la CNV devient un « emballage » pour obliger l’ado à obéir.

➡ L’adolescent sent qu’il n’a aucune place dans la relation, ce qui renforce l’opposition.

 Version CNV authentique

« J’ai besoin d’un espace plus ordonné. Qu’est-ce que tu proposes pour que la chambre soit rangée cette semaine ? »

➡ Ici :

  • Le parent exprime son besoin,

  • Il invite l’adolescent à co-construire une solution.

  • L’ado gagne en autonomie et en responsabilité.


✔ Comment éviter ce piège ?

  • Remplacer « Tu dois » par « Comment on peut faire ? »

  • Accepter que la solution trouvée ne soit pas exactement celle qu’on imaginait.

  • Se rappeler : la CNV n’est pas un outil pour « faire obéir », mais pour collaborer.


Oublier d’écouter l’ado

Beaucoup de parents pensent qu’appliquer la CNV, c’est bien formuler leur propre message.Mais la CNV ne fonctionne vraiment que si les deux personnes sont écoutées.


Exemple de CNV à sens unique

Parent : « Je me sens triste quand tu ne m’écoutes pas et j’ai besoin de respect. Peux-tu ranger ta chambre ? »Ado : « Oui mais là j’ai… »Parent : « Non, je t’ai expliqué, tu dois comprendre. »

➡ Ici, le parent parle en CNV, mais n’accueille pas du tout le point de vue de l’adolescent.

➡ Résultat : frustration, sentiment d’injustice, fermeture.

Version CNV équilibrée

Parent : « Peux-tu me dire ce que tu ressens ou ce dont tu as besoin dans cette situation ? »

➡ Cela :

  • Ouvre un espace de dialogue,

  • Encourage l’ado à s’exprimer,

  • Crée une dynamique d’empathie réciproque.


✔ Comment éviter ce piège ?

  • Faire une pause après avoir parlé : laisser l’ado répondre.

  • Poser des questions ouvertes :

    • « Comment tu vois les choses ? »

    • « Qu’est-ce qui te conviendrait ? »

  • Reformuler :

    • « Si je comprends bien, tu as besoin de… ? »

➡ La CNV devient alors un véritable dialogue, et non un monologue « bien formulé ».


Comment introduire la CNV dans la famille ?

Commencer par de petites situations

Il ne faut surtout pas commencer par un gros conflit, car l’émotion est trop forte et la CNV demande un minimum de calme.

Pourquoi commencer petit ?

  • Cela permet de pratiquer sans stress.

  • L’adolescent voit que ce n’est pas une « méthode pour lui faire la morale ».

  • Le parent s’entraîne et ancre des automatismes.

Exemples de petites situations où tester la CNV :

  • Le bruit en rentrant le soir

  • Le retard pour passer à table

  • L’oubli d’un objet important

  • Le partage des tâches quotidiennes

  • Le temps passé dans la salle de bain

Chaque « mini-situation » est une occasion d’utiliser la CNV pour instaurer une nouvelle dynamique relationnelle.


Dire “stop” quand l’émotion monte

La CNV est impossible quand le parent ou l’adolescent est en colère, blessé, stressé ou saturé.Quand l’émotion dépasse un seuil, le cerveau « se ferme » (on entre dans le mode attaque / fuite / blocage).

Pourquoi dire stop ?

  • Pour éviter les mots qui dépassent la pensée.

  • Pour laisser redescendre la pression physiologique.

  • Pour revenir plus tard, avec une intention constructive.

Comment faire concrètement :

  • Dire calmement :« Là, je sens que je m’énerve. Je préfère qu’on en reparle plus tard. »

  • Proposer un délai :« On en parle dans 20 minutes ? »

  • S’éloigner physiquement si nécessaire : aller boire un verre d’eau, marcher un peu…


Modéliser : montrer l’exemple

Les adolescents apprennent davantage par ce qu’ils voient que par ce qu’on leur dit.Si les parents utilisent la CNV entre eux (ou avec d’autres adultes), l’adolescent va naturellement intégrer la démarche.

Pourquoi est-ce essentiel ?

  • Cela crée un climat familial cohérent.

  • L’ado n’a pas l’impression que la CNV est « réservée » à lui.

  • Cela renforce la confiance : le parent fait ce qu’il demande.

Comment modéliser la CNV :

  • Dire :« Je me sens stressé(e) parce que j’ai beaucoup de choses à gérer. J’aurais besoin d’un moment calme. »

  • Exprimer ses besoins sans agressivité.

  • Faire des demandes claires à son conjoint/partenaire ou à un autre adulte.

  • S’excuser si on a dépassé les limites.


Aménager des moments de dialogue

La CNV fonctionne mieux lorsque le contexte est calme, non frontal, non imposé.

Les discussions les plus fécondes ont lieu lorsque l’on est côte à côte, pas face à face.

Pourquoi créer ces moments ?

  • Le regard direct peut être intimidant pour un ado.

  • Le fait d’être en mouvement détend le système nerveux.

  • La parole émerge plus naturellement sans pression.

Exemples de moments propices au dialogue :

  • Trajets en voiture : regard détourné = moins de stress.

  • Cuisiner ensemble : activité légère + disponibilité mentale.

  • Promenade : marcher apaise et facilite la réflexion.

  • Après un repas : ambiance détendue, pas de confrontation.

  • Moment de routine : mettre la table, plier du linge, nourrir un animal…

Astuce pratique :

Le parent peut ouvrir le dialogue avec des phrases simples :

  • « Tu veux m’aider à préparer le repas ? »

  • « Tu viens marcher avec moi ? »

  • « J’aurais besoin de ton avis sur un truc. »

➡ Cela crée un cadre favorable à une communication plus authentique et moins chargée émotionnellement.


Quelques ressources pour aller plus loin


Ouvrages de référence

  • Marshall B. Rosenberg, Les mots sont des fenêtres, 1999.

  • Thomas d’Ansembourg, Cessez d’être gentil, soyez vrai, 2001, 2020 ( nouvelle édition).

  • Faber & Mazlish, Parler pour que les enfants écoutent, 2013.

  • Marshall B. Rosenberg, la communication non violente au quotidien, 2018


Autres ouvrages utiles

  • Edith Tavernier, La communication non violente avec les enfants, 2023

  • Anne Van Stappen, Petit cahier d'exercice de communication non violente, 2024


Conclusion

La Communication Non Violente n’est pas une technique “magique”, mais un véritable changement de posture : parler avec l’autre, plutôt que parler contre lui.

Appliquée avec patience, bienveillance et cohérence, elle devient un outil puissant pour créer un climat familial apaisé, renforcer la confiance mutuelle et accompagner l’adolescent dans sa construction personnelle.

Chez Coaching & Compétences, j’accompagne les familles, les adolescents et les lycéens dans cette démarche :

  • en donnant des outils concrets pour améliorer la communication au quotidien,

  • en aidant les jeunes à mieux comprendre leurs émotions, leurs besoins et leurs modes de fonctionnement,

  • et en les guidant dans leur orientation, leur organisation et leur motivation scolaire.


Parce que derrière chaque réussite scolaire, il y a d’abord un jeune qui se sent écouté, soutenu et compris.





Commentaires


bottom of page